Mobilisation des ressources intérieures par le financement en devise locale et l’approfondissement des marchés de capitaux : Une perspective africaine

PETER DANIEL ONIMISI (Doctorat.) (Ph.D.)

Association des institutions africaines de financement du développement (AIAFD)
Abidjan, République de Côte d’Ivoire

Résumé

Le déficit annuel de financement du développement en Afrique dépasse désormais 1 300 milliards de dollars, sous l’effet de l’augmentation du coût du service de la dette, de la détérioration de l’environnement du financement extérieur et des limites structurelles liées à l’endettement en devises étrangères. Cet article soutient que le financement en devise locale et l’approfondissement délibéré des marchés de capitaux nationaux constituent désormais la principale réponse stratégique à la disposition des économies africaines et de leurs institutions de financement du développement (IFD). L’article analyse la manière dont la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD), portée par la Banque africaine de développement (BAD) et adoptée dans le cadre du Consensus d’Abidjan d’avril 2026, s’impose progressivement comme le cadre de référence continental pour répondre au défi de la mobilisation des capitaux. S’appuyant sur des données à l’échelle du continent, sur le cadre de la NAFAD, sur les innovations institutionnelles observées dans le secteur des IFD ainsi que sur l’industrie nigériane des fonds de pension utilisée comme étude de cas détaillée, l’article examine l’architecture nécessaire au bon fonctionnement des marchés de capitaux en monnaie locale, l’évolution du rôle des IFD africaines en tant que bâtisseurs de marchés plutôt que prêteurs de dernier ressort, ainsi que les contraintes structurelles à surmonter, notamment les pressions inflationnistes, le faible développement des instruments de marché destinés au secteur privé et la fragmentation de la base d’investisseurs. ‌Neuf orientations de politique publique sont identifiées, notamment l’ancrage de la coordination continentale autour de la NAFAD, le renforcement des bureaux de gestion de la dette, le déploiement à plus grande échelle des mécanismes de rehaussement de crédit soutenus par les IFD, tels que la recapitalisation de African Trade and Investment Development Insurance (ATIDI), ainsi que l’élargissement des capacités de couverture du risque de change en monnaie locale. L’article conclut que les ressources nécessaires à cette transformation, estimées à près de 4 000 milliards de dollars US de capitaux institutionnels africains, existent déjà. Le véritable défi réside désormais dans la mise en place de l’infrastructure institutionnelle nécessaire à leur mobilisation productive, infrastructure dont la NAFAD constitue aujourd’hui le principal cadre de coordination à l’échelle du continent.

Mots-clés : Mobilisation des ressources intérieures ; financement en monnaie locale ; développement des marchés de capitaux ; institutions de financement du développement (IFD) ; Afrique ; fonds de pension ; viabilité de la dette ; financement mixte.

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