Déclaration à la presse à l’occasion de la remise du Certificat de mérite pour l’excellence en matière de financement durable de projets à la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC)

‌L’intégration régionale est souvent abordée sous l’angle des accords, des politiques et des institutions. Pourtant, elle ne prend véritablement tout son sens que lorsque les économies sont reliées physiquement et économiquement, lorsque les marchandises peuvent circuler librement, que les entreprises peuvent accéder à des marchés plus vastes et que les investissements créent des opportunités au-delà des frontières nationales

Le financement du chemin de fer à écartement standard Kano–Maradi par la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC) illustre le rôle essentiel qu’une institution régionale de financement du développement peut jouer pour concrétiser cette ambition.

En mobilisant des ressources importantes en faveur d’un corridor de transport stratégique reliant le nord du Nigéria à la République du Niger, la BIDC contribue à lever l’une des principales contraintes au développement économique régional : le coût élevé et la difficulté des déplacements des personnes, des biens et des activités économiques à travers les frontières.

La portée de cet investissement dépasse donc largement le projet ferroviaire lui-même. Une infrastructure de cette nature a le potentiel de redessiner la géographie économique d’une région. Elle peut ouvrir de nouveaux marchés, renforcer les corridors commerciaux, améliorer les chaînes logistiques, permettre aux entreprises d’opérer sur des espaces économiques plus vastes et créer les conditions propices à l’émergence de nouveaux investissements et de nouvelles industries.

Cet enjeu revêt une importance particulière pour l’Afrique de l’Ouest. Le potentiel économique de la région ne pourra être pleinement réalisé tant que ses marchés demeureront limités par les contraintes des frontières nationales et par l’insuffisance des infrastructures de connectivité. Les banques régionales de développement ont un rôle déterminant à jouer dans la mobilisation des capitaux nécessaires à la réalisation d’investissements que les marchés nationaux auraient souvent des difficultés à porter seuls, mais dont les bénéfices profitent à l’ensemble de la région.

Le Certificat de mérite pour l’excellence en matière de financement durable de projets reconnaît la contribution de la BIDC à la concrétisation de l’ambition d’intégration économique régionale à travers des investissements tangibles et structurants.

J’adresse mes félicitations au Dr George Agyekum Donkor, président et président du Conseil d’administration de la BIDC, ainsi qu’au Conseil d’administration, à la direction et à l’ensemble du personnel de la Banque pour cette distinction. Je forme le vœu que cette reconnaissance encourage davantage la Banque à mettre à profit son mandat régional unique et ses capacités financières afin de promouvoir des investissements transformateurs, capables de connecter les marchés, de renforcer les chaînes de valeur régionales et de contribuer à l’édification d’une Afrique de l’Ouest plus compétitive et mieux intégrée sur le plan économique.

Arshad Rab
Président, International Council of Sustainability Standards for Value Driven Financial Institutions et directeur général de l’Organisation européenne pour le développement durable (EOSD)

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